Centenaire de l'Aviation à Lyon
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Les temps héroïques
C'est en 1910 qu'a eu lieu le premier grand événement aéronautique à Lyon : le meeting aérien de La Poudrette à Villeurbanne.Les spectateurs se déplacent en masse : la seule journée de clôture enregistre 100 000 entrées. Les lyonnais admirent une quinzaine d'aviateurs français et étrangers volant sur des monoplans aux noms prestigieux comme Voisin, Farman et Antoinette.Au programme : des épreuves de vitesse, de hauteur ou encore de largage sur cible.Avec le meeting de La Poudrette, les pouvoirs publics locaux prennent vraiment conscience de l'avenir de l'aviation. C'est ainsi que l'Ecole d'aviation lyonnaise naît en novembre 1910 sur le nouvel aérodrome de Bron. Dès 1912, s'installe un centre d'aviation militaire qui, avec la guerre, va devenir prépondérant sur la plate-forme. Les activités de l'Aéro-Club du Rhône seront interrompues pour huit ans à partir de 1914.
Les premiers vols commerciaux des années 1920
Les premières tentatives de développement de l'aviation commerciale ont lieu dès 1924 à Bron, avec le soutien de l'Aéro-Club du Rhône. Faute de passagers, c'est un échec. Pas pour longtemps. En mai 1926, les premiers voyageurs volent sur les tronçons Lyon-Paris-Marseille et Lyon-Genève avec la compagnie Air Union.L'Etat accorde la concession de l'exploitation de l'aéroport de Bron à la Chambre de commerce de Lyon en 1929. Une aérogare dotée de toutes les nouveautés techniques est inaugurée le 14 décembre 1930.
En 1939, la seconde guerre mondiale donne un coup d'arrêt au transport aérien à Lyon-Bron. Les militaires réquisitionnent l'aérogare.
1952-1975 à Lyon-Bron, de l'après-guerre au million de passagers
C'est seulement en 1953 que Lyon-Bron bénéficie d'un investissement de l'Etat pour redémarrer. Il devient « aéroport de trafic moyen ». Mais il manque de structures pour accueillir les gros-porteurs : Douglas DC-4, Lockheed Constellation (une soixante de passagers chacun) et Breguet Deux-Ponts (plus de cent passagers répartis sur deux niveaux).Quelques améliorations permettent quand même à Air France de mettre en place, en 1956, un Lyon-Paris quotidien vers l'aéroport d'Orly. Les horaires du DC-4 sont taillés pour les hommes d'affaires, qui peuvent faire l'aller-retour dans la journée en passant une dizaine d'heures dans la capitale.
Une nouvelle aérogare est mise en service en avril 1959. Dès 1964, la piste est allongée. En 1965, la plate-forme de Bron emploie 410 personnes.
En 1968, le gouvernement décide de créer un grand aéroport international à Satolas. Il doit entrer en service en 1975.
A Bron, le cap du million de passagers annuels est franchi en 1972. Les lignes internationales se multiplient. Air France propose Lyon-Le Caire en Boeing 707 dès 1973.
Le premier jet d'affaires se pose à Bron le 12 février 1974. C'est un Learjet 24D de construction américaine. Il préfigure la vocation actuelle de l'aéroport d'affaires de Lyon-Bron, où les avions légers des aéro-clubs ont aujourd'hui de plus en plus de voisins à réaction.
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1975-2010 : Le trafic aérien s'envole à Lyon
La croissance d’un aéroport international
Après quatre ans de travaux, le nouvel aéroport de Lyon-Satolas entre en service en avril 1975. Dès 1977, le trafic à « Sato » atteint les deux millions de passagers annuels.
En 1985, des avions-cargos sont spécialement affrétés pour transporter le Beaujolais nouveau vers des destinations internationales où la demande est forte, comme le Japon.
En 1989, la décision est prise de faire passer les aérogares de un à deux niveaux. Il s'agit de faire face à l'augmentation du trafic passagers : + 15 % cette année-là.
Plusieurs tentatives ont lieu de lancer une ligne directe de Lyon vers les Etats-Unis. American Airlines l'expérimente dès 1989-1992. Puis c'est au tour de Delta Air Lines, en partenariat avec Air France, en 2000-2001 puis en 2008-2009. La formule du succès durable reste encore à trouver.
Retour en 1997. Air France crée à Lyon sa deuxième plate-forme de correspondances à vocation européenne en France. Le « hub », qui s'appuie à ses débuts sur deux plages horaires principales, 7h30-9h00 et 19h00-20h00. Le hub va devenir un moteur de la croissance de l'aéroport.
2008 est l'année du coup d'accélérateur donné à l'offre low-cost sur l'aéroport. La compagnie easyJet, qui desservait déjà Lyon, y base désormais des Airbus A319. Le « départ 10 » devient une aérogare à services simplifiés, le terminal 3.
Aéroports de Lyon aujourd'hui c'est :
- Plus de 50 compagnies aériennes
- Près de 8 millions de passagers par an
- 120 destinations directes
- 18 000 places de parking
- 230 000 tonnes traitées par le fret aérien
→ Des visiteurs de marque
Lyon-Satolas fête son premier anniversaire avec le supersonique Concorde, qui vient effectuer, le 20 avril 1976, un aller-retour Lyon-Dakar dans la journée. 1986 voit un autre visiteur de marque atterrir à Lyon : le pape Jean-Paul II.
En 1992, Les jeux olympiques d'Albertville sont, pour les aéroports de Lyon, un moment marquant de l'année. C'est le premier d'une série d'événements mondiaux au succès desquels l'aéroport va contribuer dans les années 1990 : accueil des chefs d’état lors du 22e sommet du G7 en 1996, coupe du monde 1998…
→ Intermodalité
Le 3 juillet 1994 est marqué par l'arrêt du premier TGV dans sa nouvelle gare, œuvre de l'architecte Santiago Calatrava, qui donne à la plate-forme toute sa dimension multimodale.
L'événement de l'année 2010 sera, en août, la mise en service de Rhônexpress, qui mettra l'aéroport à moins de 30 minutes garanties de la gare de la Part-Dieu.
Des améliorations techniques
Les passagers apprécient, à partir de la fin 2005, la mise en service de la Jetée, une extension qui permet des embarquements plus rapides au terminal 2. Les temps de correspondance chutent d'une dizaine de minutes. Deux tiers des embarquements en bus sont remplacés par des embarquements « au contact ».Côté pistes, l'équipement de la piste est amélioré en 2009. Elle peut désormais fonctionner par mauvaise visibilité, comme la piste ouest. Les deux pistes devraient bientôt pouvoir être utilisées simultanément dans ces conditions, ce qui évitera de nombreux retards et perturbations. L'investissement se monte à 2 millions d'euros pour, entre autres, le balisage lumineux et le système ILS d'atterrissage aux instruments.
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De Satolas à Saint Exupéry
Lyon-Satolas devient Lyon-Saint Exupéry le 29 juin 2000, jour anniversaire de la naissance à Lyon du pilote-écrivain Antoine de Saint Exupéry—il aurait eu cent ans. Des portraits de l'auteur du Petit Prince envahissent les espaces d'affichages et même le « crayon » (la tour du Crédit Lyonnais) en centre ville. Autre changement de nom, celui qui donne naissance, en mars 2007, à la société aéroportuaire de droit privé Aéroports de Lyon et gère les plates-formes de Saint Exupéry et de Bron.
L'auteur remercie la Société lyonnaise d'histoire de l'aviation et de documentation aéronautique et recommande la lecture de « 100 ans d'aéronautique lyonnaise », d'Emmanuel Large, aux éditions La Taillandière.
